lundi 16 janvier 2012

Jour 7: Market place et sacré personnage!


We go to the market…avec Habsou. (cf jour 3) Parlons cuisine et produits. Allons faire les courses au petit marché de Niamey, celui de la nourriture, le grand permet de trouver tout le reste. Habsou nous semblait à juste titre la meilleure guide. Commençons avec les légumes, courges, choux, poivrons, pommes de terre d’Agadez et patates douces, les salades, les épices, Habsou a une préférence pour le cumin, les petits et gros piments indispensables à la préparation des sauces, très présentes dans la cuisine nigérienne. Elles accompagnent poisson, viande et riz.


Une pintade ? un poulet ? vivants et tués minute. Fraîcheur garantie….la pintade est plus noble !


Un poisson du Niger ? Le capitaine est le poisson le plus haut gradé, la carpe a la cote, bien qu’elle ait parfois un goût de vase…nous l’avons testée pour vous.


Le chariot de desserts ? un chariot de fruits : mangue, papaye, melon, pommes, ananas, pamplemousses, oranges…tous ne sont pas cueillis au Niger.
Ajoutons la pâte d’arachide…dans les sauces mais nous pourrions la tartiner même si ce n’est pas dans les coutumes du pays. Zéro calorie…


Une mémoire vivante française du Niger nous reçoit dans l’après midi : Jean Silvestre qui nous accueille à domicile avec Nicole sa compagne.


A 85 ans, il a fêté en 2011 ses 60 ans de Niger ! Il nous raconte son périple africain, chaque rectangle rouge sur la grande carte qui occupe tout un mur de son bureau représente une ville dans laquelle il a vécu et chaque carré un lieu de séjour.

Nous sommes bluffés quand il détaille son périple vacancier en Plymouth, de Niamey à la Bourgogne, sa région natale, 9 jours de trajet…aller…Il avait 4 mois de vacances tous les 2 ans !
Silvestre évoque « le temps béni des colonies », une page tournée sans regret pour lui. Nicole ajoute qu’il y a 30 ans, les girafes que nous espérons voir à Kouré, gambadaient librement dans les rues de la capitale et leur piquaient les places de parking !
Il continue à nous étonner lorsqu’il nous confie qu’il y a 6 ans, pour raison de santé, il avait du revenir en France et s’installer en maison de retraite à Beziers, avant de repartir à 81 ans pour retrouver sa vie nigérienne…Chapeau bas…
L’aventure c’est l’aventure, il a même créé une compagnie aérienne dans les années 90…un vrai personnage !


Nous sommes à Niamey depuis une semaine, même dans une capitale calme et tranquille, le temps file… La liste des rencontres prévues et non encore enregistrées est longue ! 3 jours pour tout mettre en boîte…demain nous espérons vous présenter l’un des groupes vedettes du pays, évoquer ce fameux festival de mode le FIMA et Habsou doit encore nous accueillir pour la fameuse dégustation promise de lait de chamelle.

Jour 8: mélodie en sous sol...Touareg

Il fait beau, grand ciel bleu comme chaque jour depuis notre arrivée…Nous commençons à nous sentir un peu comme à la maison à l’hotel Gaweye, où nous venons de découvrir que le petit déjeuner est compris…nous qui, pour réduire les frais nous contentions d’un café noir foncé en chambre, attaquons le buffet…rosbeef, œufs brouillés, viennoiseries, french fromage à tremper ou pas dans son café. Une gorgée de jus de gingembre suffit largement à notre dégustation…nous ne sommes pas trop fans !


Notre premier rendez vous, calé grâce à Souley, se prénomme Almeda, il est le fondateur du groupe Thal National. Nous allons parler musique avec le leader du groupe number one du pays. C’est un grand garçon de près de 2 mètres, greffier en chef dans le civil. Il nous rejoint en costume Armani. Almeda est touareg mais le groupe reflète toutes les ethnies et langues nigériennes. Ils sont 14, certains postes dans l’orchestre sont doublés voire triplés afin de permettre au groupe de se produire le même soir sur plusieurs scènes et le leader passe d’un concert à l’autre au fil de la soirée !


Thal National donne 250 concerts par an dans tout le pays et mène également une carrière internationale en Europe, en Asie et en Amérique. Il arrive parfois qu’Almeda signe des autographes au tribunal, même aux accusés !

Transition….

C’est un ancien ministre qui nous attend juste après. L’Honorable (titre honorifique) Amirou Omar Diallo qui a suivi ses études de géologue, ingénieur des mines au début des années 60 à Nancy, à l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie Appliquée. Il est le pionnier de la découverte des ressources du sous sol nigérien : charbon, uranium, pétrole et or.


Le pays affiche un taux de croissance de près de 15% en 2012. L’exploitation du pétrole est récente et l’uranium de plus en plus cher. C’est aujourd’hui la conquête de l’ouest…africain ! La ruée vers l’uranium !


Nous terminons notre conversation en évoquant son amie pharmacienne en retraite à Thionville !


Touraeg en chech traditionnel
17 heures, nous retrouvons Habsou pour la troisième fois. Ce sera la suite et fin de nos enregistrements. Après avoir fait hier le petit marché avec elle, (cf jour 7) nous serons conduit à domicile pour une dégustation de lait de chamelle et autres surprises gourmandes.


Juste derrière sa maison, Habsou a fait monter une grande tente, « un hangar » comme ils disent , second lieu de vie de la propriété. Nous faisons la connaissance de ses enfants et d’autres membres de la famille.


Lait de chamelle à l’apéritif, un lait sans matière grasse, puis nous attaquons le plat préféré des français…non pas la blanquette ! Mais le couscous ! Il est bon, très bon même, parfumé au cumin, épice préférée d’Habsou, les légumes sont goûteux, moelleux, la sauce délicieuse.


Romann a encore « kiffé »!
C’est un nouveau dépaysement à Niamey. Nous nous projetons mentalement à 1200 km au nord, à Agadez le pays des touaregs, que nous aimerions découvrir.


Un grand merci à Habsou, à sa famille, à la cuisinière.
Un thé traditionnel a mis fin à cette belle journée. Le premier verre amer comme la mort, le deuxième doux comme l’amour et le troisième léger comme la vie qui est toujours aussi belle pour nous au Niger.


Demain lever 7h, la rencontre est enfin programmée avec les girafes..

Jour 9: Les girafes, les écoles et un resto chinois.

Souley nous en avait parlé lors de nos premières rencontres avec André en Moselle…


Les girafes de Kouré, les dernières de l’Afrique de l’Ouest. Notre rendez vous est pour ce matin. Grâce à Monsieur Vincent, nous avons pu louer à de très bonnes conditions un petit 4X4 avec chauffeur. Nous pourrions conduire nous même mais sur piste et hors piste, nous nous sentons peu à l’aise.


Salifou, the driver, nous attend à 8h, nous consacrons une demi heure à la chasse aux francs CFA, il faut ajouter que nous sortons de 3 jours de traque où nous sommes rentrés bredouille à l’hôtel. Aucun distributeur de billets ne fonctionnait pour nous. Et ce matin seul Visa a fonctionné. Echec et mast..ercard.


Nous prenons enfin la route N°1, principal axe routier du sud, plein est, direction Kouré à 60 km de la capitale. Un stop au bureau de la réserve, nous engageons notre guide, Salé et c’est parti. Les dernières girafes de l’Afrique de l’Ouest s’ébattent dans 116 000 ha, elles sont 310. Allons nous en croiser ? Nous comptons sur Salé.


Nous reprenons la nationale puis bifurquons à gauche, en piste !
Serions nous chanceux ? Quelques minutes plus tard, nous voilà quasi nez à museau avec une famille de 5 girafes, le papa, les mamans et les enfants !


Premières photos, c’est incroyable nous pouvons nous approcher à 10 mètres voire moins. Nous les observons, elles nous observent…Qui est le plus curieux ?


Voilà le premier contact réussi, nous sommes ravis et reprenons la piste. Nous nous arrêtons dans une village de cases rondes et avons la permission d’en visiter une.


Parfait pour en faire une chambre d’hôte 4 étoiles Luxe…tapis sur le mur circulaire, lit « à baldaquin » avec moustiquaire. C’est confortable, nous y dormirions avec plaisir.


Salé le guide indique à Salifou le chauffeur les directions à prendre, nous roulons sur piste et hors piste un temps certain avant de nous retrouver cette fois encerclés de girafes. Au moins une quinzaine dont 2 mâles en plein match amical. Lorsqu’ils se battent pour « de vrai », ils peuvent s’entretuer. Les mecs girafe se donnent des grands coups de cou qu’ils balancent vers l’adversaire qui reçoit cette fois les cornes avec élan.


Romann s’est fait une copine, incroyable, une girafe, moins farouche que les autres, alors qu’il lui tourne le dos, s’approche à quelques mètres seulement. Brève mais intense rencontre !


Le contrat est rempli, nous prenons la route du retour, mais aurons droit encore à un dernier troupeau d’une dizaine de mammifères. Total 30. Nous avons battu l’ambassadrice des Etats-Unis venue il y a 2 jours et qui en comptabilisait 23.


Salifou nous reconduit au Gaweye, petite trempette dans la piscine et notre ami Vincent nous récupère, avec Clément, avec qui nous faisons connaissance, pour une tournée des écoles de brousse dans la proche périphérie de Niamey. Nous assistons aux activités parascolaires organisées par le mouvement des compagnons éducateurs.


La bonne idée : des jeunes des villages, qui étaient en échec, sans emploi, encadrent les enfants hors du temps scolaire et proposent des activités ludiques et éducatives. Le GREF, Groupement des Retraités de l’Education sans Frontières, a contribué à la mise en place de ce compagnonnage chaleureux. Dans chaque école, les enfants nous accueillent, nous encerclent, nous saluent. « Bonsoir » (après 12h on dit « bonsoir), « bonne nuit » (après 18h on dit « bonne nuit »). Nous demandons si les enfants peuvent interpréter quelques chansons que nous enregistrerons : De la souris verte à l’hymne du Niger…


Nous passons de la classe payotte aux classes béton et commentons avec Vincent l’installation d'onéreuses latrines inadaptées aux habitudes locales.
La cour de la dernière école offre une vue exceptionnelle sur le fleuve.


Dîner rendez-vous au Dragon d'or, la bonne table chinoise de Niamey. C'est pas donné mais on y mange bien et surtout nous allons rencontrer la maîtresse des lieux, Winnie, originaire de Canton, mariée à un touareg qu'elle a connu en Chine alors qu'il y poursuivait ses études. La "Gong Li" de Niamey, ainsi surnommée dans les pages du passionnant ouvrage "Chine Afrique" nous raconte son parcours et son désir d'entreprendre, avec succès, au Niger. Elle possède 2 restaurants et une discothèque dans la capitale mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Ajoutons d'autres business entre le Niger et la Chine.


Remercions au passage Kemal, français d'Algérie, qui a permis cette rencontre.

Cette journée bien remplie se termine en terrasse pour le coucher de soleil sur le Niger. Monsieur Vincent nous commande des « conjonctures »….une petite explication s’impose et on vous la fait courte. Dans la passé, lorsqu’on commandait la bière Niger Girafe, elle était conditionnée en grandes bouteilles vendues moins de 500 francs CFA. Quand les prix ont augmenté, la brasserie a préféré diminuer le volume sans dépasser le cap de 500 francs, prix psychologique. Lorsque les consommateurs s’en sont étonnés, il leur a été répondu que c’était « la conjoncture », c’est resté et la bière a été rebaptisée.


Demain c'est le dernier jour dont nous espérons profiter pleinement.

vendredi 13 janvier 2012

Jour 10: Last but not least...

Dernier jour et toujours ce ciel bleu bleu bleu. Aucun embryon de nuage en 10 jours. C’est assez rare pour qu’on s’y arrête. Les premiers rendez vous dès la fin du petit déjeuner sont à l’hôtel. Régis, the flying cook deutschman est volontaire au PUM. Des experts sénior dans tous les domaines parcourent le monde pour partager leur savoir. Ce chef, mis très jeune en retraite pour raisons de santé, effectue 3 missions par an à l’étranger dont une à l’hotel Gaweye redressant la qualité de la cuisine. Les « réguliers » de l’hôtel s’en félicitent.


Depuis plusieurs jours nous cherchons à découvrir avec Jean-Marie Da Silva, directeur de la formation du Gaweye, la suite Jacques Chirac, au 4ème étage. Visite programmée ce dernier jour. Rien d’exceptionnel, nous imaginons Chirac dans cette chambre avec grand lit, salon et bar. Elle porte également le nom de Mohamed VI, le monarque marocain lors de son séjour a paraît-il fait installer provisoirement une robinetterie en or et Jean-Marie garde le souvenir d’une centaine de paire de chaussures alignées au salon. Quant à Sarkozy, il n’a passé que quelques heures dans l’hôtel lors d’une visite éclair au Niger.


Enchainons, enchainons….Rendez vous avec André et Souley au lycée d’excellence. 120 très bons élèves de tout le pays qui ne sont pas des « fils à papa » y suivent leur scolarité entièrement prise en charge par l’état. Passons rapidement sur les infrastructures médiocres, ils sont 12 en terminale C, l’une ou l’un d’entre eux, se verra offrir une bourse pour être inscrit en classe prépa au lycée Fabert de Metz. Toute la classe est volontaire !


C’est le dernier temps de piscine, nous aurons pu en profiter chaque jour…Après tout ce séjour est pris sur nos congés ! Nous pourrons ainsi rentrer bronzés…de vrais touristes ! Mais aussi 14 heures d’enregistrements qui vous offira, si vous l’écoutez, une belle découverte sonore de Niamey et d’un petit bout du Niger.


Le dernier rendez vous : André nous a décroché un court entretien avec sa copine l’ambassadrice des Etats-Unis. Bissa Williams, en poste depuis un an, nous reçoit dans sa résidence, on pourrait se croire dans une villa de Virginie.


Vastes salons, nous nous arrêtons devant les photos de Bissa avec Barack et Hilary.
Prochainement juste à coté trônera celle de Bissa avec André et Souley. Un court enregistrement pendant lequel nous parlons girafes et coopération américano nigérienne.


Comme dans un bon film, la dernière séquence de notre aventure sera la même qu’à notre arrivée, à savoir un bon dîner au Pilier, définitivement la meilleure table de Niamey, après en avoir essayé quelques unes. Ce sera l’occasion aussi d’évoquer le parcours d’André au Niger, venu pour la première fois en 1998 lors de l’ouverture du festival le FIMA . Souley nous détaille les différentes ethnies présentes au Niger, et nous fait un topo sur le caractère du nigérien et ces us et coutumes; comme le "cousinage", qui consiste en une sorte de « battle » entre deux personnes d’ethnies différentes et de se dire les 4 vérités. Une mise en boîte pourrait-on dire. C’est un jeu et cela permet d’éviter beaucoup de conflits en réglant les problèmes par des sketchs et des scénettes humouristiques.


Direction l’aéroport, tranquillement, pas plus de 50 km/h, nous ne sommes pas pressés, un seul avion décolle de Niamey, il n’y aura pas foule au terminal. Nous ne sommes pas pressés non plus de quitter nos guides, un "couple" digne d'un film, qui a été absolument fantastique pour nous... Take care les garçons! Nous prévoyons de les revoir en Mars, mais cette fois ci, en Lorraine.